DÉCOUVRIR SAINT-DONAT

Étienne Caron

UNE HISTOIRE DE VIE : ÉTIENNE CARON (1915-2008)[1]

La grandeur morale paraît le plus souvent chez
l'homme modeste qui fait des choses ordinaires mais
de telle façon qu'on se dit : « Voilà quelqu'un de grand ».
 
Extrait d'une entrevue avec le sociologue Fernand
Dumont, rnd, no 5 (mai 1980), p. 21.
  • Introduction

Il y a de cela déjà quelque temps - dans le cadre de nos études de maîtrise les 2, 6, 13 et 17 septembre 2004 en avant-midi précisément - nous eûmes la chance de pouvoir nous entretenir[2] (pour une durée totale d'à peu près cinq heures) de manière semi-directive avec un concitoyen engagé qui sut marquer la scène politique locale (Rimouski-Neigette et La Mitis) et régionale du Bas-Saint-Laurent. Nous vous proposons un survol de la vie publique de monsieur Étienne Caron (1915-2008). Nous cherchons en quoi un personnage de cette trempe dans un contexte effervescent apporte un éclairage significatif inédit sur notre coin de pays. Autant que faire se peut - sans se montrer trop élogieux - nous nous placerons du point de vue de cet acteur social de manière à en saisir les motivations. Pour l'historien Pierre Lanthier :

La biographie n'aura jamais cet avantage de la sociologie qui consiste à fixer les contours d'une classe sociale, voire d'un simple groupe socio-professionnel. En revanche, elle excelle pour repérer les individus qui comptaient dans la société et reconstituer les liens qu'ils utilisèrent pour réussir. Elle offre également un riche corpus de stratégies sociales et révèle les jugements des contemporains sur ce qui est acceptable ou non dans ces stratégies. Bref, elle complète l'analyse sociologique en permettant de reconstituer l'univers mental d'une époque et d'un lieu. D'où son intérêt pour l'historien[3].

Une vie consacrée au service public

La famille Caron est de celles qui avec, entre autres, le curé Gabriel Nadeau (1808-1869)[4], les Bérubé, les Demers, les Fournier, les Hallé, les Lévesque, les Morissette et les Pelletier fondèrent Saint-Donat. Étienne Caron naquit le 3 août 1915 au rang des Sept-Lacs situé au flanc sud-est du Mont Comi (ou Mont Camille) sur la ligne arrière de la seigneurie Lepage-Thibierge.

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Cette grande seigneurie fut concédée le 14 novembre 1696 et agrandie le 7 mai 1697 pour y inclure ce qui est aujourd'hui le nord du rang des Sept-Lacs. Logiquement, si M. Caron avait résidé ne serait-ce que de l'autre côté du chemin (Fleuriault - Saint-Gabriel), il n'aurait pas pu être maire de Saint-Donat...

Toujours est-il que le cinquième enfant d'une famille de dix (six garçons et quatre filles) de Samuel Caron junior et Alphonsine Claveau[5] a été conseiller municipal (échevin) environ deux ans (1948-1951) avant de devenir, à l'instar de son grand-père paternel Samuel Caron[6], maire de la municipalité de paroisse de Saint-Donat durant 28 ans et des poussières. Du 11 juin 1953 au 1er novembre 1981, les Donatiennes et les Donatiens l'élurent sans interruption une dizaine de fois, le plus souvent sans opposition (sauf en 1963), par acclamation[7]. C'est dire que cet édile exerça ses fonctions de l'époque duplessiste à la formation du deuxième gouvernement péquiste de René Lévesque.

Mieux encore, notre protagoniste présida les destinées de sa municipalité à un moment charnière de notre histoire - de la « Grande Noirceur » à la Révolution tranquille - où tout sembla possible : la fin de l'unanimisme, l'arrivée de la télévision, la décléricalisation, l'État-providence, l'affirmation identitaire des groupes dominés, la tentative d'assainissement des mœurs politiques, l'essor de la recherche en sciences humaines, le plan du Bureau d'aménagement de l'Est du Québec (BAEQ), l'éclosion d'une conscience régionale bas-laurentienne, etc.[8] Une période, davantage sous le signe du changement que de la continuité, où les Canadiens français devinrent des Québécois.

Diplômé de l'École moyenne d'agriculture en 1932, Étienne Caron a aussi fréquenté le Séminaire de Rimouski où il fit des études spéciales en coopération et en économie politique. Durant la Deuxième Guerre mondiale, son travail sur la ferme l'exempta du service militaire[9]. Puis, tout au long de sa carrière, cet agriculteur « progressiste » oeuvra avec passion - la plupart du temps à titre bénévole - au sein de nombreux groupes de la société civile voués à l'avancement du monde rural de la zone Rimouski-Neigette et La Mitis. « [L]e poste électif demeure l'occasion idéale d'accéder au titre officieux de ‘‘notable''.[10]» Sa feuille de route s'avère à cet égard exceptionnelle et remarquable. S'il ne cacha pas ses couleurs politiques, il ne milita jamais dans un parti. Pressenti comme candidat de l'Union nationale dans la circonscription de Rimouski, il fut directeur de la Caisse populaire de Saint-Donat, commissaire d'école, marguiller (1959), président de l'Union catholique des cultivateurs (UCC) de Saint-Donat, vice-président du Club d'éleveurs de bétail Ayrshire du Bas-Saint-Laurent, directeur de la Société d'agriculture du comté de Rimouski, récipiendaire de la médaille d'argent du mérite agricole (1954), président du comité d'entretien des chemins d'hiver entre Sainte-Luce et Les Hauteurs (route 298), directeur du Conseil régional de développement (CRD), directeur du Conseil territorial de La Mitis, préfet du comté de Rimouski, président de la Corporation du Parc du Mont-Comi, participe aux États généraux du Canada français et nous en passons.

Le curé Joseph-Pierre Lebel, en poste de 1912 à 1937, eut énormément d'importance dans la vie d'Étienne Caron. « C'est lui qui nous a élevé », laissa-t-il tomber en entrevue. Forte tête, cet hardi cultivateur aurait un jour, se souvint-il tout égayé, lancé à ses ouailles que leurs vaches étaient devenues tellement lâches durant l'hiver qu'elles avaient besoin au printemps de s'accoter sur les clôtures pour beugler!

Concomitamment (1928-1950), Mgr Georges Courchesne tint solidement la barre du diocèse :
[En 1951,] 99,6% des habitants de la région se déclarent de confession catholique romaine.

Par ailleurs, l'Église rimouskoise apparaît à plusieurs comme le dernier bastion de l'idéologie conservatrice et ruraliste de l'Église traditionnelle québécoise[11].

Mgr Courchesne défendit, au nom des valeurs traditionnelles, les milieux ruraux les plus menacés. Si la colonisation dirigée des années 1930 a été largement décriée par la suite, Étienne Caron était d'avis qu'elle eut le mérite d'assurer la subsistance de plusieurs en ces temps de Grande Dépression, de quasi fermeture de la frontière canado-étatsunienne[12]. N'oublions pas que les « terres neuves » et les familles nombreuses qu'elle engendra contribuent de façon décisive au Québec d'aujourd'hui. D'après Pierre Noreau et Normand Perron, « [l']occupation du territoire et la création de paroisses nouvelles furent longtemps l'expression même de notre aventure collective, avant de devenir l'image de notre retard sur la modernité[13] ». Comme nous le verrons plus loin, M. Caron se heurta à la « mauvaise conscience[14]» des artisans de la Révolution tranquille.

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Loin du pouvoir, monsieur Caron nous confia qu'à son arrivée à la mairie Saint-Donat ne pesait pas bien lourd. Au sortir du long « hiver de la survivance », elle n'était que l'une des 110 ou 115 communautés rurales du Bas du fleuve. Agriculture en voie de rationalisation[15] et forêt épuisée, la municipalité n'offrait à peu près rien pour garder sa population en général et sa jeunesse en particulier. Le premier magistrat de Saint-Fabien s'offusqua même que le maire d'une aussi petite localité fut préfet du comté.

Résolu à s'attaquer autant à la stagnation qu'au déclin socio-économique de son milieu - marginalisation bien apparente dans les années 1950 et 1960[16] - et désireux de prendre part à l'indéniable prospérité d'après-guerre en Occident (les « Trente Glorieuses », la « société des loisirs ») orientée par les travaux de rattrapage du Bureau d'aménagement de l'Est du Québec (BAEQ) de 1963 à 1966, Étienne Caron devint en quelque sorte la « bougie d'allumage » de plusieurs grands projets dont le plus notoire fut sans contredit le développement récréatif du Parc du Mont-Comi entre 1965 et 1973. Il faut reconnaître que le « p'tit gars des Sept-Lacs » avait la montagne skiable sous les yeux à longueur de journée... Alors que le tissu de peuplement se densifiait dans la zone comprise entre Saint-Simon et Mont-Joli, les attraits naturels du haut pays de la Neigette devenaient en quelque sorte le terrain de jeu des Rimouskois comme les Laurentides sont celui des Montréalais.

Depuis la Loi sur l'aménagement rural et la remise en valeur des terres agricoles (ARDA[17]) en juin 1961, tous les gouvernements investissaient et s'endettaient dans les infrastructures. Nous pouvons énumérer d'importants travaux de voirie : aqueduc, amélioration de la route 298, entretien des chemins d'hiver, trottoirs de ciment, éclairage des rues et pavage de la moitié des rangs. Dans « un pays de distance et de dispersion[18]», la généralisation de l'automobile[19] favorisa la mobilité géographique et donc une plus grande dissociation entre lieu de résidence et lieu de travail. Saint-Donat en profita pour améliorer son positionnement dans la nouvelle trame de peuplement. Nous voyons alors apparaître un « effet de périurbanisation » aujourd'hui facilement observable avec l'arrivée de néo-ruraux[20]. Saint-Donat n'avait sans doute pas connu un tel « tournant » - pour reprendre le mot de Marguerite Garon et Louise Roy - depuis sa fondation le 16 juillet 1868 (érection canonique), le 10 mars 1869 (municipalité) et en 1871 (scolaire). Une impulsion que ne réussirent pas toujours à se donner ses voisins immédiats eux qui perdirent jusqu'aux deux tiers de leur population[21] et font encore face à de sombres perspectives démographiques.

Le rôle de la politique est d'assumer et de surmonter les conflits, d'aller au-delà des intérêts mesquins. Comme toute personnalité politique, celui qui fut le plus longtemps maire de Saint-Donat n'était pas à l'abri des critiques, des « contredits » pour reprendre son expression. Devant l'insistance du maire sortant (Joseph Zénon Bérubé), il fit le saut à la mairie en 1951 et fut défait :

Mon adversaire [Alphonse Francoeur] restait au village, contrairement à moi qui demeurait à 5 milles de là ce qui constituait un désavantage (une personne qui m'appelait du village par téléphone devait faire un longue distance). De plus, les gens me trouvaient un peu jeune pour être maire [...]

Le maire de l'époque (1951-53) n'a pas eu beaucoup de succès, de fait il a eu des problèmes avec l'aqueduc et il a dû démissionner[22].

ecaron4En étroite relation avec les curés et une cinquantaine de conseillers, il dut arbitrer d'innombrables chicanes de ménage (ce qui lui a valu à quelques reprises des menaces de mort) et de clôture, des tensions entre le village et les rangs sur les délicates questions de taxes et d'hygiène publique sans parler de la rivalité entre les villes-centres de Mont-Joli (siège social du BAEQ) et Rimouski. Lorsque le curé était plus effacé, le maire devait prendre plus d'initiatives. Il profita même du départ de l'un d'eux pour lever la prohibition et permettre l'ouverture d'un hôtel!

Encore en 2004 - profondément échaudé par les députés-maires de Rimouski Maurice Tessier et Claude St-Hilaire - il nous fit part de son opposition aux regroupements municipaux à grande échelle et ses réticences concernant la transformation des conseils de comté en MRC et la création des commissions scolaires régionales. À son dire, cette nouvelle rationalité technocratique - véritable « folie des grandeurs » - réduirait l'influence et l'autonomie des milieux ruraux[23] et finirait par coûter plus cher. La bureaucratie gêne-t-elle l'affirmation de fortes personnalités? Pas nécessairement, croyons-nous. Veillant à ce que notre communauté conserva son intégrité, il s'éleva aussi contre le projet d'annexion du secteur Mont-Comi à Saint-Gabriel en 2001-2002[24].

Un monsieur candide dont nous ne doutions pas de l'honnêteté. Un homme affable, distingué, respectueux des « Anglais », dérouté par l'homosexualité, unilingue français, plutôt de petite taille, chauve et svelte qui savait se tenir bien droit. Il préférait s'autocensurer plutôt que de dire du mal de quelqu'un. Il défendait le rôle de l'Église catholique qui a fait en somme selon lui plus de bien que de mal. Son attitude et son langage adoptaient les stratégies sociales (Cf. habitus de classe) du petit notable canadien-français - du « coq de village[25] » - fier d'avoir côtoyé le personnel politique de haut rang. Il nous disait regretter de ne pas avoir pris le temps de rédiger ses mémoires comme l'a fait son frère aîné André-Albert (1911-1994)[26]. Simple, calme et prudent face à l'adversité - conservateur et fédéraliste dans l'âme faut-il dire - son style de gestion fut probablement conforme à celui de sa génération. Si le « vieux bleu » ne comprit pas l'indépendantisme social-démocrate d'une jeunesse baby boomer « affranchie des rigueurs de l'Ancien temps » - ce qui lui valut peut-être sa défaite cuisante en 1981[27] - il put compter sur l'appui indéfectible de son épouse (marié à l'institutrice Adélaïde Plante [1915-1998] le 30 octobre 1946 en l'église de Sainte-Angèle-de-Mérici) et l'affection de ses trois enfants adoptifs. Derrière l'homme, il faut chercher l'équipe.

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Il demeura à Saint-Donat sur la terre paternelle jusqu'à l'âge respectable de 78 ans. À sa retraite, il allait passer la saison froide près de Miami en Floride. Nous vîmes en lui un grand amateur d'histoire locale, nationale et internationale soucieux de l'exactitude des faits et de la longue durée. Signes de considération s'il y en a deux, la population de Saint-Donat lui rendit hommage par une grande fête à l'occasion de ses 25 ans à la mairie en septembre 1978 et il fut désigné à l'été 1994 président d'honneur des fêtes du 125è de sa municipalité[28]. Malgré son grand âge - il venait d'avoir 89 ans - monsieur Caron nous sembla en bonne santé. Plus « vert » qu'on l'eut cru! Il conduisait toujours son automobile. Le même mois que nous, il accorda une entrevue au journaliste Roger Boudreau[29].

  • Conclusion


Un siècle après son fondateur Gabriel Nadeau, M. Caron - à l'exemple de nombreux membres de sa famille - se montra toute sa vie dévoué à notre petite communauté au point de l'incarner ou, à tout le moins, d'en être un témoin privilégié, enraciné. Il se garda toujours « en réserve de la République ». De nos longues discussions ponctuées à intervalles régulières du carillon de son horloge à balancier, l'homme-orchestre partagea avec nous moultes anecdotes sur les grandeurs et les misères de la localité. Le sentiment d'appartenance à notre jeune municipalité s'enrichit d'une « icône » qui marqua son histoire. Pré-moderne à certains égards (traditions, religion), moderne à d'autres (ex. : l'idée de progrès centrale dans son discours et sa tendance à l'autobiographie), il ne fut certainement pas postmoderne. Pour lui, un fait est un fait et exit le relativisme[30]. Jamais il n'accepta la mise en procès de la mémoire canadienne-française.

Fort d'une mobilisation générale rappelons-le, ce territoire rural redevient un territoire d'avenir. Non sans raison, M. Caron eut « le sentiment d'avoir [...] contribué à créer un esprit régional dans l'axe Rimouski - Mont-Joli et les localités de l'intérieur[31] ». Nous tenons à rendre hommage à ce bâtisseur pour tous les services rendus avec probité à la collectivité régionale et à le remercier de nous avoir fait confiance et si généreusement accueilli chez lui à Mont-Joli.

Monsieur Étienne Caron est décédé au Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de La Mitis (Mont-Joli) le 19 février 2008 à l'âge de 92 ans et demi. Il repose au cimetière de Saint-Donat. Lors de la session du conseil municipal du 3 mars 2008, il fut « résolu d'entreprendre les démarches afin de changer les noms des chemins du Mont-Comi et du Plateau pour celui du chemin Étienne-Caron[32] ».

Ce que nous voulons et ce que nous ferons se confondent dans une même soif d'en apprendre davantage sur notre « pays ». Nous, qui n'avions que 24 ans à l'époque, aimerions poursuivre nos investigations. C'est-à-dire, malgré nos faibles moyens, confronter le témoignage de monsieur Caron à celui d'autres personnes l'ayant connu, de maires qui lui furent contemporains, visiter différents fonds d'archives publics et privés, dépouiller les journaux et consulter des monographies. Ce n'est que partie remise. Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage...

Caroline St-Laurent
B.A., M.A. Histoire
Pour commentaires et suggestions

st-laurent.caroline_sarah @ courrier.uqam .ca


[1] Nous avons d'abord publié « Hommage à un bâtisseur », L'Information, Mont-Joli, 15 juillet 2007, p. 19. Voir R. Saint-Laurent, L'affirmation nationale en milieu rural. Le cas de Saint-Donat-de-Rimouski

à l'occasion des élections générales québécoises du 25 septembre 1989, mémoire de maîtrise (histoire), Université de Sherbrooke, mars 2006, iv-263 p.

[2] À vrai dire, un premier contact téléphonique fut établi à la fin août 2004 à la suggestion de notre père.

[3] Pierre Lanthier, « Être patron au Québec au début du XXè siècle : trois essais biographiques », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 57, no 1 (Été 2003), p. 126.

[4] Gabriel Langlois, « Gabriel Nadeau, curé de Sainte-Luce (1842-1869) », Revue d'histoire du Bas-Saint-Laurent, Rimouski, volume XVIII, numéro 2 (juin 1995), p. 22-23. Jeannot Bourdages et Robert Claveau, La fondation de la paroisse de Sainte-Luce, Sainte-Luce, Fabrique de la paroisse de Sainte-Luce, 2004, p. 53-70 (chapitre 5). Le processus mis ici à contribution consista à inverser les syllabes du patronyme concerné, Nadeau devenant Donat.

[5] Raymonde Hallé et Comité des retrouvailles des Sept-Lacs, Entre deux clochers (Saint-Donat et Saint-Gabriel-de-Rimouski) : Album-souvenir du rang des Sept-Lacs : 133 ans d'histoire 1856-1989, Saint-Donat, Édition des Retrouvailles, 1989, p. 21.

[6] Maire de Saint-Donat entre 1887 et 1906 avec des interruptions en 1889-1890 et 1892-1899. Voir Ibid., p. 101. Aussi, son père aurait été conseiller durant une vingtaine d'années.

[7] Aux élections du 1er novembre 1981, il mordit la poussière par 411 voix contre 183 face au jeune Sylvain Hallé. Roger Boudreau, « ‘‘J'étais trop attaché à la population de St-Donat'' (Étienne Caron) », L'Information, mercredi 11 novembre 1981, p. 26.

[8] Nous retenons parmi l'abondante littérature sur la période : Jean-Charles Fortin, « Institutions, société et développement régional », dans Jean-Charles Fortin, Antonio Lechasseur et al., Histoire du Bas-Saint-Laurent, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1993, Coll. « Les régions du Québec », no 5, p. 696.

[9] Au plébiscite du 27 avril 1942, les électeurs donatiens se prononcèrent contre la conscription pour service outre-mer à plus de 96% (16 « Oui », 400 « Non ») [Anonyme], « 1,306 oui - 17,156 non dans le comté de Rimouski », L'Écho du Bas St-Laurent, Rimouski, 30 avril 1942, p. 1. Comparaison : Canada anglais : 80% « Oui », Québec : 71,2% « Non », Francophones : 85% « Non ».

[10] Jean-Charles Fortin, « Institutions, société et développement régional », dans Jean-Charles Fortin, Antonio Lechasseur et al., Histoire du Bas-Saint-Laurent... op. cit., p. 697.

[11] Jean-Charles Fortin, « Institutions, société et développement régional », dans Jean-Charles Fortin, Antonio Lechasseur et al. Histoire du Bas-Saint-Laurent..., op. cit., p. 688.

[12] Comme tout bon Canadien français, il eut de la famille aux « États ».

[13] Pierre Noreau et Normand Perron, « Quelques stratégies migratoires au Québec : perspective historique », dans Madeleine Gauthier, dir., Pourquoi partir? La migration des jeunes d'hier et aujourd'hui, Québec, IQRC, 1997, p. 134.

[14] Voir Jacques Beauchemin, L'histoire en trop : la mauvaise conscience des souverainistes québécois, Montréal, VLB Éditeur, 2002, Coll. « Études québécoises, no 59, 210 p.

[15] Dans le courant des années 1960, la population agricole devient minoritaire : 54,1% en 1961, 47,5% en 1966 et 36,1% en 1971. Nos calculs à partir de Marguerite Garon et Louise Roy, Saint-Donat est-il au tournant de son histoire? Rimouski, Collège de Rimouski, 1974, p. 60-61.

[16] Voir Marguerite Garon et Louise Roy, Saint-Donat est-il au tournant de son histoire?... op. cit., 96 p. L'évolution de la population est un indicateur parmi d'autres. Après avoir atteint un sommet historique en 1931 (1347 âmes), la population de Saint-Donat décline. La municipalité perd 36% de ses effectifs entre 1956 et 1976. Plus encore si l'on compte l'accroissement naturel (naissances-décès). La population se stabilise aux environs de 800 habitants dans les années 1970-1980. Statistique Canada, Recensement du Canada de 1931 à 1996, dans L'Atlas du Bas-Saint-Laurent, « MRC de La Mitis. Population selon l'historique de l'évolution du territoire municipal, 1931-1996 », [En ligne], Adresse URL : http://atlasbsl.uqar.qc.ca/syst-humain/population/evolution-demograph/1931-1996/01tge (Page consultée le 8 octobre 2009).

[17] En anglais : Agricultural Rehabilitation and Development Act.

[18] Titre d'un ouvrage du géographe Clermont Dugas (Sillery, Presses de l'Université du Québec, 1981, 221 p.).

[19] Pourcentage de logements bas-lauretiens possédant au moins une automobile : 18% en 1951, 52% en 1961 et 73% en 1971. Recensements du Canada, cités par Jean-Charles Fortin, « L'économie contemporaine : permanence et mutations », dans Jean-Charles Fortin, Antonio Lechasseur et al., Histoire du Bas-Saint-Laurent... op. cit., p. 638.

[20] « Cet effet de périurbanisation semble même se diffuser au sein de la deuxième couronne urbaine de l'agglomération rimouskoise. Ainsi, des localités telles que St-Donat, St-Gabriel et Ste-Luce, dans La Mitis, se sont distinguées par une hausse de leurs effectifs ce qui a entraîné une relative stabilisation du peuplement dans cette MRC. » Majella Simard, « Un bilan aux trajectoires contrastées : la situation démographique de l'Est-du-Québec », L'Action nationale, volume XCVII, no 4 (avril 2007), p. 24.

[21] Recensement du Canada de 1931 à 1996, dans L'Atlas du Bas-Saint-Laurent, op. cit.

[22] Étienne Caron cité par René Alary, « Étienne Caron, maire de Saint-Donat : 25 ans de ‘‘règne'' », Le Progrès-Écho, Rimouski, mercredi 26 décembre 1979, p. A20.

[23] Cela nous rappelle une critique méthodologique et politique du géographe Clermont Dugas : « Le passage de la localité rurale à la région fonctionnelle qu'elle occupe va signifier, en de nombreuses parties du pays, une atténuation de l'identité rurale, voire son occultation [...] Par exemple, comment peut-on qualifier de rural ce territoire de 50 000 personnes polarisé par une ville de 35 000 habitants ? » Clermont Dugas, L'espace rural canadien, Sainte-Foy, Presses de l'Université du Québec, 1996, p. 199. Nous ne sommes pas sans savoir que pour bien des gens des grands centres tout le Bas-Saint-Laurent n'est qu'une vaste campagne. Pourtant, un autre géographe, Pierre Bruneau fixe le taux d'urbanisation de cette région autour de 60%. Pierre Bruneau, « Commentaires », dans Atlas du Bas-Saint-Laurent. Systèmes humains et sociaux, Urbain, Typologie urbaine, Armature urbaine, Texte, 1998, [En ligne], (Page consultée le 20 avril 2005), Adresse URL : http://atlasbsl.uqar.qc.ca/syst-humain/urbain/armature-urbaine/1996/01x01bsl1996typolog.htm

[24] Sonia Lévesque, « Le secteur du Mont-Comi ne sera pas annexé à Saint-Gabriel », L'Information, 27 janvier 2002, p. 3.

[25] L'expression nous vient de Paul Larocque, Histoire du Québec oriental. Notes de cours, Département des sciences humaines, Université du Québec à Rimouski, Hiver 2001, p. 87.

[26] André-Albert Caron, Mémoires / : André-Albert raconte..., Québec?, s.n., 1994, 167 p.

[27] R. Saint-Laurent, L'affirmation nationale en milieu rural...op. cit., p. 174-176.

[28] Sonia Lévesque et Yves Sénéchal, « Saint-Donat fête ses 125 ans sous le thème ‘‘Notre histoire, notre fierté'' du 20 au 24 juillet 1994 », L'Information, 17 juillet 1994, 16 pages (cahier en supplément).

[29] Roger Boudreau, « Étienne Caron. L'un des ‘‘pères'' du Mont-Comi! », L'Avantage, Rimouski, 24 septembre 2004, p. 2.

[30] Il reprit à son compte une boutade de Maurice Duplessis voulant que l'éducation est comme l'alcool : certains ne la supporte pas!

[31] Étienne Caron cité par Andrée Gauthier, « Mont-Comi en mouvement. Développement domiciliaire à St-Donat, Progrès-Écho, Rimouski, mercredi 2 octobre 1974, p. 46.

[32] Procès-verbal d'une session ordinaire du conseil municipal de la paroisse de Saint-Donat tenue à la salle l'Oasis lundi 3 mars 2008 20h00.